Informations
Conseil de Fondation |
Objectifs et définitions des prix |
Historique 1987-1997 |
L'avenir
CONSEIL DE FONDATION
Présidente
Anne-Catherine Lyon
Conseillère d'Etat
Trésorier
Yves Cuendet
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Membres
Marie-Claude Jequier
Jean-Pierre Pastori
Directeur du Château de Chillon, historien de la danse
Christian Jacot-Descombes
Porte-parole de la Banque cantonale vaudoise
Brigitte Waridel
Cheffe du Service des affaires culturelles du Canton de Vaud
Catherine Labouchère
Juriste, députée au Grand Conseil vaudois
Stefano Stoll
Directeur de la culture de la ville de Vevey
Thierry Hogan
Secrétaire de la Fondation
OBJECTIFS ET DÉFINITION DES PRIX
Honorer, récompenser, mettre en évidence les artistes du
canton de Vaud, leur donner les moyens matériels de poursuivre
leur œuvre.
On relèvera que le nom de la Fondation est modifié. De
"Fondation vaudoise pour la promotion et la création
artistiques", elle est devenue "Fondation vaudoise pour la
culture"; son appellation s'en trouve allégée en même temps
qu'elle marque une plus large ouverture. La Fondation a pour but essentiel d'attribuer, une
fois l'an, des Prix à des créateurs vaudois ou à des artistes
habitant le canton de Vaud.
Ces prix sont attribués sur la base de recherches
effectuées par le Conseil de fondation en toute indépendance,
sans concours, dépôt de dossier ou autres sollicitations.
- LE GRAND PRIX, de 100.000 francs, honore, dans le
canton de Vaud, une femme ou un homme qui a enrichi le pays par
une oeuvre forte et une approche neuve. Cette somme importante
apporte à un créateur reconnu le bien le plus précieux: un large
espace de temps libéré de contraintes financières.
- Prix culturel vaudois, de 15.000 francs, est un
coup de projecteur sur une force artistique du canton.
- LE PRIX DE L’ÉVEIL, de 20.000 francs, récompense une
personne qui a enrichi la vie artistique du canton de Vaud en
initiant le public, des élèves, des débutants aux voies de la
création.
- LE PRIX DU RAYONNEMENT, de 20.000 francs, distingue un
créateur dont la renommée va au-delà des frontières du canton de
Vaud et de la Suisse.
Ces prix sont accordés sans poser à l’artiste aucune
exigence et concernent les domaines suivants: musique,
littérature, théâtre, beaux-arts, arts appliqués, danse,
photographie, cinéma et vidéo.
La Fondation vaudoise pour la promotion et la création artistiques
Le 21 janvier 1987 le Conseiller d'Etat Pierre Cevey fit approuver par ses collègues du gouvernement vaudois un acte de politique culturelle qui créa la surprise.
Il instituait un mécénat public d'un modèle novateur. Chaque année des grands prix seraient décernés à trois artistes, à quoi devait s'ajouter une série d'hommages
et des distinctions pour jeunes talents. Cette largesse était sans précédent en Suisse, si l'on précise que chacun des grands lauréats allait recevoir 100'000 francs.
Cette somme frappa. Elle témoigna d'une prise de conscience. Au-delà des frontières cantonales elle marqua une étape, élevant enfin la reconnaissance accordée aux artistes vers des normes
qui cessaient d'être dérisoires. Trop longtemps on avait ignoré les réalités matérielles, jugeant heureux l'écrivain gratifié d'un prix de 5 ou 10'000 francs sans reconnaître que pareille
somme n'équivaut qu'à un ou deux mois de salaire d'employé de bureau.
Un livre, un scénario, un spectacle peuvent exiger, outre de rares aptitudes, plus d'une année de travail. Les droits d'auteur sont minimes dans un petit pays. Il est très difficile d'y vivre
en professionnel de l'écriture, de la création musicale, du cinéma, des arts plastiques, de la scène. Cette situation tend à maintenir les artistes dans un statut d'amateurs, qui à l'échelle
internationale les met en infériorité. Les activités alimentaires les dévorent. Ceux qui bâtissent néanmoins une œuvre y parviennent au prix d'efforts qui méritent la plus haute considération.
Car la communauté, en l'occurrence le canton, s'enrichit à tous égards du travail des maîtres de la libre recherche. Il était juste, pensa le Conseil d'Etat, qu'une fois au moins dans leur vie
les plus remarquables d'entre eux puissent être honorés dans une fête publique et sans mesquinerie.
Une bouffée d'oxygène et un large espace de création – voilà ce que la Fondation vaudoise pour la promotion et la création artistiques pu offrir de 1987 à 1996 aux vingt-cinq lauréats de ses
grands prix: cinq en littérature, six en musique, cinq dans les arts plastiques, quatre en théâtre et chanson, deux en photographie, deux dans le cinéma.
Cinq mille francs ne disent pas tout. Le Conseiller d'Etat Pierre Cevey rompit avec les pratiques habituelles du subventionnement et c'est l'attitude même des pouvoirs publics envers les arts qui
changea. La Fondation imaginée en 1987 ne visait pas à supprimer l'institution cantonale existante – le Fonds cantonal des activités culturelles – mais elle fit mieux que de lui apporter un complément.
Elle renversa la perspective. Il ne s'agissait plus d'enregistrer et de gérer des demandes de subventions. Les membres du conseil, magistrats en tête, s'appliquèrent à rechercher les talents. Il
n'incombait pas aux couronnés potentiels de poser leur candidature. C'était le devoir du conseil de faire tourner son radar, de dresser l'inventaire des personnes les plus douées avec l'aide de
connaisseurs qu'il consulta régulièrement.
En vérité on s'appliquait à mieux connaître cette espèce rare, hypersensible, échappant aux définitions, tantôt discrète au point de se terrer, parfois explosant en fureurs chatoyantes, cris, bonds
et grandes orgues: les créateurs. Une Fondation reçut de l'Etat de Vaud en 1987 le mandat de leur rendre justice, d'attirer l'attention du public sur leur œuvre passée et présente, de témoigner confiance
au travail futur que chaque lauréat continuerait à concevoir dans une complète liberté.
L'absence de fil à la patte, de contre-partie, de mandat artistique imposé, est l'une des caractéristiques importantes de ces prix vaudois.
Le climat se transforma. Nous le percevons en observant de plus près comment, dans les faits, fonctionna la Fondation vaudoise pour la promotion et la création artistiques. Comme elle procède à la manière
d'un jury permanent, assumant des choix esthétiques, il fallait de toute évidence opérer en dehors de l'administration. Elle est soutenue, pour une portion appréciable de son financement, en particulier pour
les prix aux jeunes artistes et certains hommages spéciaux, par l'économie privée. Le maintien d'un tel partenariat fut, et reste plus que jamais dans une période de crise, une tâche impérieuse. Elle incombe
tout spécialement à deux membres récents du Conseil, proches par leurs activités des entreprises vaudoises, Jean-Luc Strohm et Gilbert Duchoud.
En 1987 déjà, si l'on excepte deux magistrats, les membres du conseil furent cherchés hors du personnel de l'Etat. Nommons ces initiateurs: Jean-Jacques Rapin, le musicien dont la direction a changé du tout
au tout l'esprit du Conservatoire de Lausanne; Marie-Claude Jequier, responsable culturelle d'une Ville de Lausanne reconnue aujourd'hui au loin comme l'une des cités les plus propices à la musique, à la danse
et au théâtre; Jacques Treyvaud, directeur de banque, inspirateur du fonds d'art contemporain de la BCV et lui-même collectionneur et ami des peintres; le soussigné ancien éditeur et journaliste, bénéficiant de
ses contacts avec écrivains, graphistes et photographes.
Mais le Conseil d'Etat décida dès le début, de s'engager dans la fondation par deux représentants, l'un de la droite, Pierre Cevey, capable de traduire au piano, dans le secret de son domicile, son goût de la
musique, l'autre de la gauche, Pierre Duvoisin, qui déjà comme syndic d'Yverdon-les-Bains s'était révélé en défenseur des arts, du théâtre, du cinéma.
L'ampleur du domaine culturel couvert par un conseil de cette composition ne suffit pas à expliquer l'aisance avec laquelle l'entreprise put être conduite. Personne n'éprouva de crainte à assumer ses goûts.
Le Conseiller d'Etat Cevey, qui présida la Fondation jusqu'en 1994, sut rendre les discussions précises et amicales. Les lauréats furent désignés dans une entente qui permit par ailleurs de discuter bon nombre
de problèmes culturels agitant le canton. Un lieu de réflexion plus large avait été constitué. L'acte constitutif le prévoyait expressément. Un secrétariat permanent, financé par les fonds publics, fut un grand
facteur d'efficacité, et devint un point de rayonnement. Assuré d'abord par Françoise Garnier, puis dès 1990 par Claudine Gaus, il a trouvé son adresse dans un local du Conservatoire de Lausanne.
A cette entreprise placée au- dessus des rivalités partisanes, le Grand Conseil, pour 1987, accorda sans réticence un crédit de l'ordre du demi-million. Il donna le capital initial, le fonds de roulement et finança
les grands prix. On en distribua trois par an de 1987, à 1991, puis, sous la pression des difficultés budgétaires de l'Etat, deux en 1992 et en 1993, enfin un seul, mais courageusement maintenu à 100'000 francs,
depuis 1994, quand le nouveau chef du Département de l'instruction publique et des cultes, Jean-Jacques Schwaab, reprit la présidence appuyé par son collègue Charles Favre, chef des Finances.
Qu'un radical et un socialiste, puis un socialiste et un radical, aient pu travailler pour les arts en bonne harmonie, on s'en étonnera moins que d'un service public vraiment inédit: à partir de 1987, deux membres
du gouvernement vaudois, ployant sous les devoirs de fonction, l'agenda surchargé, ont pris le temps de suivre régulièrement la vie des arts, de s'informer des œuvres nouvelles, de guetter l'apparition de jeunes
aux grands dons. C'est l'un des mérites de l'institution d'avoir ainsi ouvert le champ de vision des autorités à l'activité des créateurs, même les plus isolés.
Certains critiques, tel l'historien d'art Michel Thévoz, ont parlé d'un moyen de pression de l'Etat sur les artistes. C'est les juger bien faibles. Ne faut-il pas se réjouir au contraire que des magistrats
s'intéressent à leur travail, apprennent à connaître leurs besoins, cherchent à les soutenir ? L'histoire offre une longue liste d'hommes du pouvoir qui eurent la clairvoyance de favoriser la libre race des
innovateurs. Pourquoi ne pas suivre leur exemple ? Aucun collier, répétons-le, ne fut passé au cou des lauréats. Aucune prestation n'est exigée d'eux, sinon leur présence à la fête où on les couronne.
La cérémonie de remise des prix représente pour la Fondation le sommet de l'année. Pour la première fois se sont régulièrement côtoyés les personnalités politiques et le monde des arts, ou plus justement ses
milieux éclatés réunis pour un soir: le peintre y découvrit le musicien, le poète rencontra le cinéaste, l'homme de théâtre fit la connaissance du potier. Pierre Cevey, puis Jean-Jacques Schwaab, dans la
tradition vaudoise, ont tenu à multiplier les lieux de ces réjouissances, accompagnées de créations musicales et scéniques. Yverdon-les-Bains ou Vevey, Payerne, Morges ou Pully, Lausanne évidemment, Cossonay,
Echallens, Nyon ont vu accourir tour à tour ces états généraux de l'imaginaire.
Nous avons parlé des grands prix. Leur montant considérable venu de fonds publics impliquait qu'ils soient réservés non à des débutants prometteurs mais aux réalisateurs d'une œuvre qui soit déjà de taille.
Le Conseil tint à ce que les lauréats soient encore en pleine activité. Dans quelques cas, il s'est moins agi d'aider financièrement la création que d'honorer un créateur d'envergure internationale. Hommage
fut rendu, par exemple, à un habitant de Rolle qui compte parmi les figures mythiques de l'histoire du cinéma, Jean-Luc Godard. Par sa plus haute distinction, le Canton de Vaud se devait de saluer cette présence.
D'autres hommages ont été rendus, notamment par le financement de portraits filmés de la collection Plans-Fixes. Des prix spéciaux furent des signes d'estime à des artistes de cantons voisins, mais aussi,
parmi les Vaudois, à certains maîtres de "l'éveil" – ces artistes qui ont mis leur génie à traduire, à initier les autres, élèves des écoles ou auditeurs de la radio.
Les prix que la Fondation a décernés en plus grand nombre furent destinés aux jeunes artistes, d'un montant de 10'000 puis de 15'000 francs. La recherche de nouveaux talents, chez les moins de quarante ans,
fut pour le Conseil une mission prioritaire, et pour beaucoup d'entre eux il s'est agi d'une première consécration, étape importante de leur carrière. Les domaines dans lesquels s'exerçait cette exploration
se trouvent énumérés dans la loi vaudoise du 19 septembre 1978 sur les activités culturelles: musique (de l'art classique au jazz, à la chanson, au rap); lettres (avec un salut aux jeunes éditeurs); théâtre,
sans oublier les variétés; beaux-arts; arts appliqués (et leurs régions méconnues, telle la création de meubles ou l'art du verre); danse; photographie; cinéma (avec la montée d'innovateurs d'un nouveau type:
les vidéastes).
Bilan: quarante-trois jeunes créateurs ont été distingués de 1987 à 1996. Les lauréats furent au total quatre-vingt-neuf. Près de deux cents artistes ont donné son éclat à cette constellation si l'on inclut les
photographes, musiciens, gens de théâtre et présentateurs engagés dans les cérémonies de remise des prix. Telles furent les dix premières années de la Fondation vaudoise pour la promotion et la création artistiques,
sans laquelle la vie du canton se trouverait singulièrement appauvrie.
Bertil Galland
Avril 1997
(texte paru dans la plaquette éditée à l'occasion
de l'exposition marquant les 10 ans de la Fvpca à l'Espace Arlaud, Lausanne)
L’avenir :
compagnonnage renforcé entre l’Etat et les sponsors privés
Depuis le début, l’action de la Fondation repose sur le
principe du compagnonnage de l’Etat avec le secteur privé de
l’économie. C’est pour la Fondation un principe fondamental.
Aujourd’hui, elle entend non seulement le poursuivre, mais
l’intensifier. Toutes les conditions doivent être désormais
réunies, qui favoriseront son élargissement, de manière à ce
qu’un lien privilégié se tisse aussi entre le sponsor et
l’artiste qu’il aura choisi de soutenir par l’octroi d’un prix
de la Fondation.
On pourrait penser que ce partenariat entre l’Etat, le
secteur privé et les artistes ressemble à un ménage à trois, ce
qui, comme chacun le sait, est rarement bon pour le
développement harmonieux des relations humaines.
Mais dans ce cas, un but commun unit étroitement l’Etat et
les sponsors : c’est l’émergence et le rayonnement des artistes
de ce canton, qui représentent le fondement même de ce
compagnonnage. Pour convaincre les sponsors de soutenir l’action
de la Fondation, il est nécessaire de mettre en lumière cet
engagement plus fortement que cela n’a été fait jusqu’à
aujourd’hui.
Dans des circonstances difficiles, où l’Etat s’est trouvé
contraint de choisir ses priorités, le risque était réel de
faire l’impasse sur une belle idée née en des temps euphoriques.
Mais les représentants de l’Etat auprès de la Fondation ont
estimé qu’il ne fallait à aucun prix brader une action qui
confère à notre politique culturelle une dimension et une
couleur particulières.
Ainsi, en 2002, la cérémonie de remise des Prix de la
Fondation s’inscrit à un tournant de son histoire. Sous la
conduite du Conseiller d’Etat Claude Ruey, parvenu à la fin de
son mandat à la présidence de la Fondation, le Conseil a décidé
de mieux valoriser les sponsors. Il s’engagea à mettre au point
une réflexion stratégique, pour consolider et développer
l’action d’une Fondation animée d’un souffle et d’un dynamisme
renouvelés et renforcés. C’est une collaboration accrue entre
les pouvoirs publics et les acteurs de l’économie privée qui
entend contribuer au rayonnement culturel du canton de Vaud.
2007 marque les 20 ans de la Fondation Vaudoise pour la Culture.
C'est l'occasion de fêter non seulement un engagement remarquable
de l'Etat de Vaud en faveur des artistes de notre canton mais
aussi un partenariat original et stimulant avec l'économie privée.
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